« Communication Organisationnelle » – Chapitre 3 : Les approches systémiques de la communication des organisations

Afin d’alimenter ce blog, j’ai jugé nécessaire de rédiger ce chapitre que j’ai trouvé très intéressant par rapport à la communication organisationnelle qui pourrait également enrichir nos connaissance en matières de théories de la communication.

Ce chapitre des approches systémiques s’inscrit dans le cadre de l’UE 3  qui nous a été dispensé en classe. Je vous invite à lire une analyse de celui-ci.

Introduction :

La pensée systémique se définit tout d’abord comme étant le résultat d’une rencontre interdisciplinaire en biologie, cybernétique et anthropologie.  Les questions qui nous intéresserons dans ce chapitre seront de savoir : quels sont  les apports de la systémique à la communication organisationnelle ? Nous verrons en quoi la systémique peut nous aider à comprendre les phénomènes organisationnels ? L’objectif ici est de mettre l’accent sur les points forts qui ont influencé les travaux en communication organisationnelle.

Je vous recommande le livre de Pierre Mongeau publiés en 1981 « la pensée systémique. Histoire et concept » « la pensée systémique  concepts, conclusions et perspectives ».

La systémique : Ses origines

La systémique prend son origine avec les travaux de Ludwig Von Bertalanffi Autrichien (19 sep 1901-12juin 1972), biologiste et père fondateur de la théorie des systèmes. Il a écrit : le livre « théorie générale des systèmes » dont le but consiste à décrire l’ensemble des systèmes de la nature. Il favorise la publication d’un nombre impressionnant d’articles traitant de la systémique.

Gregory Bateson (9 mai 1904-4juillet 1980) est anthropologue, psychologue, épistémologue américain, est à l’origine de l’école de Palo Alto et de l’approche systémique de la communication. Il prend part à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, aux conférences scientifiques dites de Macy qui (1942-1952), qui  vont occasionner la rencontre de certains chercheurs en cybernétique comme (Wiener, 1948).

Cependant, il est à souligner que les concepts dominants à cette époque sont  ceux de la cybernétique et des théories mathématiques de l’information. La systémique se base sur le développement de la cybernétique (précisément sur les travaux de Wiener) et de la théorie des systèmes. Ces notions de base qui ressortent  dans les travaux qui sont à l’origine de la systémique sont l’énergie, le flux et les réseaux de communication, l’équilibre et l’évolution.

Le but de la systémique est de prendre en compte tout système dans son ensemble, sa complexité et sa dynamique propre.

Notion de système

Afin de mieux cerner et appréhender les principes fondamentaux de la systémique, nous allons nous focaliser sur la notion de système. L’une des définitions les plus courantes de la systémique :

1/ Système : « ensemble d’éléments en interaction tels qu’une modification quelconque de l’un d’eux entraîne une modification de tous les autres ». (Marc et Picard, 2004, P.21).

Docteur d’État en psychologie et professeur des universités. Edmond Marc a publié 5 titres chez Dunod dont « Pratiquer la psychothérapie », 2e éd. 2009. Avec D. Picard, il a co-écrit « Communication et relations interpersonnelles », Topos, 2000.

2/ Système : c’est une organisation ou une structure comportant des éléments fixes qui  nouent des relations particulières avec le milieu et qui est composée de parties qui sont liées les unes aux autres. Chaque partie est faite pour modifier les autres et chacune dépend du tout. Quelques exemples de systèmes : ville, organisme, ordinateur.

On distingue deux types de boucles de rétroaction :

–         les boucles positives sur lesquelles repose la dynamique du changement,

–         les boucles négatives sur lesquelles reposent l’équilibre et la stabilité

Composantes d’un système

Un système repose sur deux types d’aspects :

–         Aspect structural  (composants)

Aspect fonctionnel  (les processus

 

1/ Aspect structural :

Tout  système possède une frontière qui  le sépare du monde par exemple les frontières d’un pays avec  les éléments qui le composent, les habitants d’une ville ou le personnel d’une entreprise.

Des éléments peuvent être réunis dans un réservoir où se retrouvent emmagasinés l’information et les matériaux (réserve d’information des archives d’une organisation).

L’information est vue comme une sorte d’énergie qui navigue au sein d’un système.

La communication est perçue comme l’échange, et la circulation d’information dans un réseau reliant des émetteurs et des récepteurs.

C’est Leavit (1951), qui dans les années 50, qui est l’initiateur des recherches portant sur les  réseaux de communication. Il indique que la structure de ces réseaux cause un impact sur la performance d’un groupe ou d’une organisation.

Certains chercheurs comme (Brass, 1992, 1985, Monge et Contractor, 1997) l’utilisent pour aborder  des problématiques organisationnelles.

2/ L’aspect fonctionnel :

                  Dans l’aspect fonctionnel,  l’un des principaux traits de tout système ce sont les flux    d’énergie, d’information où circulant entre les réservoirs.

On parlera de flux de monnaie pour les (salaires)  et de flux de personnes (passagers utilisant les transports en commun).

Dans une organisation, les flux d’information servent à la prise de décision.

3/  les caractéristiques d’un système

Un système  comprend les caractéristiques suivantes :

Caractéristiques du système : particularités  et définitions

Un  système comporte 10 grandes caractéristiques :

L’ouverture : un système est une structure ouverte quand il échange des informations, de l’énergie et d’autres éléments avec son environnement.

La complexité : les systèmes sont complexes et liés de sous-systèmes les uns aux autres.

La finalité : tous systèmes comprennent des parties qui  interagissent en fonction d’un état final qui caractérise le système entier, on parlera de « finalité du système ».

Le traitement : un système ouvert est lié de manière dynamique à son environnement, et produit des échanges avec lui, il ya des entrées et des sorties qui renvoient aux échanges du système sur l’environnement.

La totalité : le concept de totalité signifie qu’un système est plus que la somme des ses parties cela revient à dire que les systèmes possèdent leurs  propres propriétés différentes des états de leur composantes.

Le flux : le fonctionnement du système est assuré par un flux d’information qui parcourt  le système et assure son autorégulation, son adaptation à l’environnement et sa reproduction.

La régulation : les systèmes se définissant comme des  ensembles d’éléments interdépendants, il existe des mécanismes de régulation (contrôle de décision, processus de prise de décision).

L’équilibre homéostasie : cette notion renvoie à l’idée de stabilité du système.

L’entropie : la notion d’entropie se définit comme une dégradation de l’ordre, et de l’organisation.

Source : adapté de Bertrand et Guillemet, 1989.

L’organisation : système ouvert d’interaction

              La contingence de l’organisation par rapport à son environnement

              Les apports de l’école de la contingence

« L’école de  la contingence » a pour but de comprendre comment les contraintes extérieures  qui affectent la structure de l’organisation.

De nombreux théoriciens des organisations reconnaissent l’existence des types d’organisations adaptées aux différents environnements dans lesquels elles évoluent formant ainsi « l’école de la contingence ». Nous citerons quelques auteurs parmi lesquels :

Henry Mintzberg (né en 1939), ingénieur et docteur en management des organisations, il a orienté ses recherches dans trois directions : l’élaboration de la stratégie, l’emploi du temps, et l’organisation de l’entreprise. Il est le principal représentant de l’école de la contingence,

John Woodward (1916-1971), professeur de management à oxford. Selon elle, les similitudes des systèmes de production expliquent les similitudes d’organisation des entreprises.

Paul Lawrence (né en 1922) et William Lorch (né en 1932) : ont développé les travaux de Woodward  et ont créé les bases de la théorie de la contingence, selon eux, la structure de l’organisation dépend de l’environnement. Ils s’efforcent de répondre à la question de savoir quelle sorte de structure est nécessaire pour faire face aux différents environnements.

Il est toutefois nécessaire de noter que es facteurs dit contingents remettent en cause la vision des tenants de l’école classique (Taylor, Fayol et Weber) qui considèrent qu’il existe une structure organisationnelle idéale indépendamment du contexte.

Taylor, Fayol et Weber sont les fondateurs de l’école pratique du management, leurs idées ont été largement mises en pratique dans les entreprises.

L’environnement organisationnel

Dans l’environnement organisationnel, on distingue : le réseau inter-organisationnel et l’environnement général. L’environnement général se repartit en différents secteurs :

      Le secteur social : renvoie aux institutions sociales à savoir les systèmes éducatifs, les pratiques religieuses, la démographie, etc.

Le secteur culturel : histoire, traditions, valeurs sociétales  dans lesquelles les organisations évoluent.

La  diversité ethnique qui caractérise la société canadienne contraint d’une certaine manière les organisations à prendre en considération cette diversité qui existe en leur sein.

Le secteur légal : renvoie aux pratiques légales qui réglementent un secteur d’activité. Par exemple les lois fiscales, les lois des affaires, les lois environnementales.

Le secteur politique : renvoie à la nature des systèmes politique des différents pays.

Le secteur économique : marché financier, marché du travail ;

Le secteur technologique : renvoie aux innovations technologiques et scientifiques dont peuvent bénéficier les organisations.

Le développement des technologies de l’information et de la communication profite fortement aux organisations.

L’environnement international

Le secteur physique : renvoie  aux ressources naturelles (réserve de pétroles,  charbon), niveaux de pollution, conditions climatiques.

Tout  le débat sur les changements climatiques et ses conséquences  s’insère dans l’environnement des organisations.

Il renvoie aussi aux aspects qui dépassent les frontières nationales. Le fait de parler de mondialisation suppose que les organisations doivent prendre en compte les grandes tendances internationales.

Mintzberg et  les configurations organisationnelles

Pour Mintzberg, l’organisation  fonctionne à travers certains éléments de bases :

Sommet stratégique : cadres dirigeants

Ligne hiérarchique : cadres constituant la ligne hiérarchique formelle

Le centre opérationnel : membres de l’organisation qui travaillent directement à la production des biens et  des services  de l’organisation

La technostructure : spécialistes et analystes situés en dehors de la ligne hiérarchique formelle

Les fonctions de soutien logistique : Unités et personnels fournissant différents services internes (cafétéria, service postal, service juridique). Source : adapté de Bélanger et Mercier p 250.

Mintzberg nomme un sixième élément qui est « l’idéologie ». Cette « idéologie se nourrit des croyances et des traditions d’une organisation.

Mintzberg  nomme sept des configurations :

La structure simple, bureaucratie mécaniste,  bureaucratie professionnelle, la structure en division, l’adhocratie, l’organisation missionnaire, l’organisation politique.

La communication : Système ouvert d’interactions

La communication en tant que système ouvert obéit à certains principes :

Le principe de totalité : tout acte de communication doit être appréhendé comme un système complexe, dynamique et producteur de sens.

Le principe de causalité circulaire : ce principe renvoie au fait que le comportement de l’un dépend de l’autre et implique un jeu complexe de participation mutuelles, d’actions et de rétroactions.

Le principe de régulation : tout processus de communication  obéit à des règles et à des conventions (normes rituels, socioculturels, règles conventionnelles) qui tendent à favoriser l’équilibre, alors que certaines forces poussent au déséquilibre et au changement.

Les modes de communication

Il existe deux modes de communication : la communication digitale et analogique

La communication digitale concerne ce qui est de l’ordre du langage

La communication analogique renvoie aux corps, aux gestes et aux intonations.

L’analyse stratégique et systémique

L’analyse stratégique et systémique est un tournant important de la sociologie francophone des organisations. Elle se distingue nettement des théories dites « de la contingence » (Woodward, Laurence, Lorch et Mintzberg) qui quant à elles considèrent  la vie des organisations comme un ensemble de variables. Cependant la théorie de l’acteur stratégique quant à lui ouvre la voie au diagnostique sociologique c’est à dire une façon de voir dans l’organisation ce qui par delà les interdépendances, crée ou limite les interactions.

Les travaux de Crozier et Friedberg sur le phénomène de la bureaucratie

Ces deux auteurs proposent d’étudier l’organisation non pas comme un phénomène, naturel, mais comme un « construit social » qui doit être pensé de l’intérieur en tant que champ de coopération et d’interdépendance entre des acteurs ayant des intérêts même contradictoires

Les quatre concepts de l’analyse stratégique : L’analyse stratégique comprend quatre concepts fondamentaux à savoir :

Le pouvoir, la stratégie, le système d’action concret et la zone d’incertitude

Le pouvoir : Friedberg inscrit le pouvoir dans un échange déséquilibré, mais dont les termes peuvent être négociables. Cela revient à dire que le pouvoir de A sur B est la capacité de A à s’assurer que dans sa relation avec B, les termes de l’échange lui sont favorables.

La stratégie : pour les tenants de l’analyse stratégique  « l’individu est un acteur stratégique », pour atteindre ses buts, il mobilise toutes les ressources qu’il juge nécessaires et pertinentes.

Le système d’action concret : ensemble de relations qui se nouent entre les membres d’une organisation  et qui servent à résoudre les problèmes concrets du quotidien.

La zone d’incertitude : l’incertitude est au cœur de l’action collective. Les aléas peuvent être d’origine interne (panne ou arrêt maladie) ou environnement (arrivée d’un concurrent).

Conclusion : nous soulignerons les apports de l’analyse stratégique et systémique à la communication organisationnelle. Les analyses s’y comportent en véritable chasseurs d’interaction, décodant les rouages d’un système ou les acteurs « composent », entre eux et au gré du jeu collectif de l’incertitude.

Bibliographie :

La communication des organisations (Approches, Processus et Enjeux). Sous la direction de Sylvie Grosjean et Luc Bonneville.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_von_Bertalanffy#Th.C3.A9orie_g.C3.A9n.C3.A9rale_des_syst.C3.A8mes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Bateson

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_la_contingence

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